Comment former la relève dont notre industrie a besoin? Une nouvelle étude, à laquelle Technum Québec a contribué, dresse un portrait clair des compétences recherchées par les entreprises québécoises en microélectronique et des défis qui freinent le recrutement.
Réalisée par la firme SOM pour Élexpertise, le comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie électrique et électronique, en collaboration avec Technum Québec et Orizon conseil, la Cartographie des besoins de formation et compétences des professions liées à la microélectronique s’appuie sur un sondage mené auprès de 46 entreprises et sur 14 entrevues en profondeur avec des gestionnaires du secteur.
Le constat de départ est sans équivoque : 72 % des entreprises jugent difficile de pourvoir leurs postes en microélectronique, et une sur cinq qualifie même la situation de très difficile.
Quatre constats qui éclairent la suite
1. Un déficit d’image qui aggrave tout
La microélectronique souffre d’une méconnaissance profonde chez les jeunes et leurs orienteurs. Comparée à des secteurs perçus comme plus « glamour » (IA, jeux vidéo, logiciels), elle peine à attirer les nouvelles générations, malgré des débouchés concrets et innovants.
2. Un fil conducteur commun à tous les postes : le fossé théorie/pratique
Peu importe le rôle, le même constat revient systématiquement : les diplômés possèdent un bagage trop théorique et sont insuffisamment préparés aux réalités du plancher industriel. Ce n’est pas une lacune propre à un poste en particulier, c’est une lacune structurelle propre à l’ensemble des profils.
3. La formation en entreprise : bien intentionnée, peu structurée
Les trois quarts des entreprises sondées forment leurs recrues à l’embauche, principalement pour accélérer l’intégration et l’autonomie opérationnelle. La formation continue existe dans 65 % des entreprises, mais reste informelle et concentrée sur les rôles hautement qualifiés.
4. Un bassin de main d’œuvre restreint
Au-delà des lacunes de compétences identifiées, quelques entreprises soulignent une cause plus fondamentale à leurs difficultés de recrutement : le bassin de candidats qualifiés en microélectronique demeure limité à l’échelle du Québec. Les participants expliquent ce constat de rareté par la taille limitée des cohortes de finissants dans les programmes techniques pertinents, dont une partie importante poursuit ensuite vers l’université plutôt que d’intégrer directement le marché du travail, réduisant d’autant le nombre de diplômés réellement disponibles pour l’industrie.
Des pistes d’action concrètes
L’étude formule plusieurs recommandations, notamment :
- renforcer les apprentissages pratiques dès la formation initiale, par des stages, des projets industriels et l’alternance travail-études;
- développer une offre spécialisée en conception électronique avancée et en systèmes embarqués;
- mutualiser la formation continue sur les normes du secteur, comme les normes IPC (Institute for Printed Circuits), afin d’en réduire les coûts pour les entreprises;
- valoriser les métiers de la microélectronique auprès des jeunes, notamment par des visites d’entreprises, des contenus numériques authentiques et des outils pour les conseillers d’orientation.
Pourquoi c’est important pour notre écosystème?
Chez Technum Québec, nous croyons que l’avenir de la microélectronique québécoise passe par la collaboration entre les entreprises, les établissements d’enseignement et les partenaires de l’écosystème. Cette cartographie offre une base commune pour agir ensemble : mieux faire connaître nos métiers, rapprocher la formation des besoins réels de l’industrie et bâtir la relève dont le secteur a besoin.